Plusieurs arguments importants sont à faire valoir dans la réouverture de la ligne du Tonkin, tant économiques que écologiques.
1) Combler un manque évident en matière de transports collectifs
« J’habite à Annemasse, et je souhaite me rendre à Monthey sans prendre ma voiture, car à cette heure là, ce sont les sorties de bureaux. Je décide donc de prendre les transports publics pour ne pas être coincé dans les embouteillages. Il est 18h00. Je prends le TER pour Evian. Arrivé à la gare d’Evian-les-Bains à 18h52, j’entends « Evian-les-Bains, terminus ». Soit ! Je dois descendre à la gare routière, je prends donc un bus du réseau urbain. J’arrive à la gare routière à 19h02. L’un des trois seuls bus, le dernier, pour St-Gingolph est passé il y a 12 minutes. Comment rejoindre St-Gingolph à partir de là ? »
Ce témoignage, nous l’avons reçu maintes et maintes fois. Entre Evian et St-Gingolph, 3 allers-retours en bus par jour, c’est largement insuffisant ! Aussi, le lac n’est pas utilisé. L’année dernière, quand la route a été fermée pour cause de travaux, la navette lacustre mise en place a eu un succès phénoménal.
Nous ne sommes pas contre la route ! Nous prônons l’utilisation des trois possibilités le plus vite possible afin de créer une offre multimodale compétitive, qui permette de désengorger la route, et qui favorise le développement économique de la région.
2) Un potentiel assuré
L’étude table sur une fréquentation les premières années de 400 à 800 voyageurs par jour, puis de 1’000 à 1’200 d’ici 2020.
Ces estimations, contrairement à ce qu’il pourrait être entendu ici ou là, sont totalement réalistes. En 2006, 1’493 personnes vivant en Haute-Savoie travaillaient dans le canton du Valais et passaient par St-Gingolph pour s’y rendre. 12’351 haut-savoyards travaillaient en canton de Vaud. On peut très bien imaginer le travailleur prenant le train dans sa commune, et finissant le trajet en utilisant le performant réseau de bus suisse, ceci grâce à un abonnement général, comme «unireso» à Genève.
Près de 600 personnes habitant entre Evian et St-Gingolph travaillent dans le canton de Genève. Elles pourraient parfaitement se rendre sur leur lieu de travail en train, évitant les bouchons à l’entrée du contournement de Thonon et sur le quai du Mont-Blanc à Genève.
De plus, sur les lignes adjacentes (St-Maurice-St-Gingolph et Evian-Annemasse), l’augmentation de fréquentation a été de 12 % l’année dernière. En Rhône-Alpes, le nombre de passagers est en progression de 20 % !
Ces potentiels seront donc sûrement revus à la hausse, surtout si, d’ici là, les prix du carburant sont repartis à la hausse comme le prévoit les scientifiques.
3) Rétablir un lien important avec la Suisse
La Suisse est un partenaire important de notre région. Elle est le premier employeur de notre département, et un partenaire économique incontournable.
En rétablissant cette liaison, il pourra alors être mis en place un RER Lémanique reliant Genève à Martigny, renvoyant vers Paris et vers l’Italie.
Le député-maire d’Evian parlait récemment de son partenariat culturel avec la fondation Gianadda à Martigny, et il a été sensible à notre idée de mettre en place une navette Evian-Martigny avec billet combiné pour la fondation Gianadda et le Palais Lumière.
4) Boucler les boucles
Un fois le CEVA réalisé, il ne restera que la ligne du Tonkin a rétablir pour terminer les boucles ferroviaires du Léman (via Lausanne et St-Maurice), et de la Haute-Savoie (par Martigny et Chamonix).